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4 idées pour transformer la Guinée Equatoriale Hassan Hachem

Dans le cadre de notre série d'articles "Le monde d'après le covid", voici une sélection d'idée pour transformer, un pays africain sans ressources en dehors du pétrole, la Guinée Equatoriale par Hassan Hachem, 35 ans, spécialiste du digital britannique, visionnaire inspiré, qui a réalisé une sélection d'inventions nées en Afrique et directement transposables en Guinée Equatoriale ou dans d'autres petits pays avec une petite économie

Il présente le contexte de développement des idées d'activité et rend un verdict de faisabilité/solidité économique.

Idée n°1:  pompes à eau portable

Technologie d'irrigation portable aidant les petits exploitants agricoles subsahariens à faire pousser leurs cultures hors saison.

Problème : En matière d'approvisionnement alimentaire, l'Afrique est confrontée à une énorme instabilité due à l'imprévisibilité du climat et à la pauvreté des ressources. Seulement 6 % des terres cultivées en Afrique sont irriguées, ce qui limite le volume des cultures pouvant être cultivées hors saison, mais un accès accru aux systèmes d'irrigation devrait permettre d'augmenter la productivité alimentaire de 50 %.

Méthode : une association à but non lucratif spécialisée dans les technologies d'irrigation, rend les pompes à eau portables accessibles aux communautés agricoles d'Afrique, notamment au Kenya, en Tanzanie et au Mali. Ces pompes coûtent entre 35 et 95 dollars mais, en mettant l'accent sur l'esprit d'entreprise, l'association vend les pompes aux agriculteurs plutôt que de les donner.

Verdict d'Hassan Hachem pour la Guinée Equatoriale : l'association a déclaré à The Atlantic que, depuis 1991, ses pompes ont permis à 667 000 personnes de sortir de la pauvreté, contribuant ainsi à "créer une classe moyenne entrepreneuriale, à commencer par la ferme familiale". Elles ont généré de nouveaux revenus équivalant à 0,6 % du PIB rien qu'au Kenya. La Guinée Equatorial doit pouvoir faire au moins aussi bien, selon Hassan Hachem.

Idée n°2: Le cardiopad

Une tablette informatique permet de diagnostiquer les maladies cardiaques dans les foyers ruraux ayant un accès limité aux services médicaux.

Problème : Les maladies cardiovasculaires tuent quelque 17 millions de personnes dans le monde chaque année. Dans de nombreux pays africains, les personnes à risque doivent souvent dépenser d'énormes sommes d'argent et parcourir des centaines de kilomètres pour atteindre des spécialistes du cœur concentrés dans les principaux centres urbains. La Fondation camerounaise du cœur a constaté une "forte hausse" des maladies cardiaques parmi ses 20 millions d'habitants, qui sont desservis par moins de 40 cardiologues.

La méthode : Un programme sur le Cardiopad, conçu par un ingénieur camerounais, recueille les signaux générés par la contraction et l'expansion rythmiques du cœur d'un patient. Des électrodes sont fixées près du cœur du patient. La première tablette médicale entièrement tactile d'Afrique produit ensuite une représentation graphique mobile du cycle cardiaque, qui est transmise sans fil par les réseaux GSM à un cardiologue pour interprétation et diagnostic. Le Cardiopad pour résoudre un problème urgent. Si un examen cardiaque est prescrit à un patient à Garoua, dans le nord du pays, il est obligé de parcourir une distance de plus de 900 km pour se rendre à Yaoundé ou à Douala.

Verdict d'Hassan Hachem pour la Guinée Equatoriale : cet appareil permettrait, s'il était fabriqué en Guinée Equatoriale, sous licence de son inventeur, permettrait de réduire le risque de décès pour cause d'hypertension car comme l'indique le responsable du service cardiologie a déclaré que, dans une enquête récente, trois personnes sur cinq qui utilisent le Cardiopad ont été diagnostiquées comme étant hypertendues ou à risque de maladies cardiaques. "Ce sont des personnes qui n'auraient pas nécessairement été conscientes de leur hypertension. Cela signifie que les morts subites pourraient être évitées".

Idée n°3: a tablette aficaine

La tablette informatique Inye qui peut se connecter à l'internet via un dongle surmonte d'un seul coup les obstacles liés au prix et à l'infrastructure.

Problème : les jeunes qui maîtrisent les technologies, qui constituent la majorité de la population du continent, risquent d'être laissés pour compte en raison d'une "fracture numérique" croissante. Alors qu'une grande partie de l'Afrique a sauté l'ère de l'internet de bureau pour passer directement à la technologie mobile, les grandes marques vendent leurs produits dans des gammes de prix qui restent hors de portée d'une majorité en Afrique subsaharienne. Les infrastructures sont également mises à rude épreuve en raison de la croissance démographique rapide, et les technologies sans fil et à large bande ne sont pas encore largement disponibles dans de nombreux lieux publics.

Méthode : les co-fondateurs, ont voulu combler le manque d'appareils mobiles abordables avec la tablette Inye au Nigeria. Selon eux, son principal argument de vente est son prix, qui avoisine actuellement les 200 euros. Fonctionnant sur les systèmes Android, elle peut être connectée à l'internet via des dongles largement utilisés plutôt que sans fil. Le fournisseur informatique Encipher propose également des packs d'extension allant des jeux aux applications spécifiquement adaptées. Les développeurs locaux conçoivent des applications qui traitent de questions telles que le VIH, l'eau et l'assainissement et l'éducation.

Verdict d'Hassan Hachem pour la Guinée Equatoriale : en Guinée Equatoriale, il existe un marché pour ce type de tablette aussi bien côté grand public que côté entreprises. Cette technologie  peut être facilement transposée en Guinée Equatoriale car cette tablette est fabriquée par des industriels chinois, selon Hassan Hachem. Il suffit d'identifier les producteurs chinois, de cloner le système d'exploitation et les applications open source d'Inye et de monter un atelier d'assemblage à Malabo pour cloner le concept.

Idée n°4: Usine de fabrication d'huile de cuisson à l'éthanol

Raffiner le manioc d'origine locale pour en faire de l'éthanol afin de fournir un combustible de cuisson plus propre.

Problème : en Afrique, les forêts sont abattues au rythme de 4 millions d'hectares par an, soit plus du double de la moyenne mondiale. Cette situation est en partie due à la demande de bois et de charbon de bois, qui, selon les estimations des Nations unies, est encore utilisé dans près de 80 % des foyers africains comme solution moins coûteuse que le gaz. La fumée provenant de la cuisson de ces combustibles solides déclenche également des problèmes respiratoires qui causent chaque année près de 2 millions de décès dans le monde en développement.

Méthode : un producteur danois d'enzymes industrielles, a ouvert au Mozambique la première usine de combustibles de cuisson durables au monde. Le producteur a renoncé aux monocultures au profit de méthodes agricoles durables. Un sixième du rendement final provient du manioc récolté localement, ce qui oblige les agriculteurs à planter en rotation avec d'autres cultures comestibles pour maintenir la fertilité du sol. Une usine basée dans la province de Sofala transforme les produits en éthanol, qui est vendu sur le marché local avec des fourneaux adaptés également produits par l'entreprise.

Verdict d'Hassan Hachem pour la Guinée Equatoriale : les habitantes des villes sont fatiguées de voir le prix du charbon de bois augmenter, de transporter du combustible sale et d'attendre le jour où elles pourront s'offrir un fourneau à gaz sûr et un approvisionnement fiable en bouteilles importées. Elles sont prêtes à acheter un appareil de cuisson moderne qui utilise un combustible propre, fabriqué localement, qui fonctionne bien et qui leur permet d'économiser du temps et de l'argent. L'usine vise à produire 2 millions de litres de combustible par an et à toucher 120 000 foyers dans les trois ans à venir. Pour la Guinée Equatoriale qui dépend quasiment à 100% des carburants fossiles polluants, il y a un véritable opportunité à dupliquer le système en montant une joint venture avec l'entreprise danoise qui détient la technologie.